Recrutement des enfants soldats au Nord-Kivu: une réalité tragique qui nécessite une action urgente

Le Nord-Kivu, une province située à l'est de la République démocratique du Congo, est le théâtre d'une situation alarmante et tragique. Comme l'a préfacé Charles ONANA dans son livre "Holocauste au Congo" en avril 2023, cette région du Kivu a connu depuis 1997 une véritable catastrophe humanitaire : 10 millions de personnes ont perdu la vie, 500 000 femmes ont été victimes de violences sexuelles, et 110 000 km² de forêts ont été ravagés par l'exploitation minière. De plus, des milliers d'enfants ont été enrôlés dans des groupes armés.

Pendant que cette histoire sombre se déroule, les dirigeants de la région se sont enlisés dans la corruption, les crimes, l'amateurisme et le détournement de fonds. La région est devenue la proie de ces dirigeants, qui se disputent les immenses ressources naturelles, et les femmes en particulier sont victimes de violences sexuelles.

Goma, une ville située dans l'est de la province du Nord-Kivu, au pied du volcan Nyiragongo, est le chef-lieu de la province, mais elle est en proie à l'instabilité et aux conflits armés. Autour d'elle, des groupes armés tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et l'Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (ADF), ainsi que des mouvements terroristes et des criminels, continuent de semer la terreur.

Depuis plus de vingt ans, Goma a été le théâtre de violences, d'insécurité, de viols, de pillages et de recrutements d'enfants soldats, tout comme d'autres villes du Kivu.

D'après le rapport d'octobre 2007 de Human Rights Watch, les organismes chargés de la protection de l'enfance ont recensé 223 enfants susceptibles d'être impliqués dans les brigades. En mai 2007, il était estimé qu'il y avait encore au moins 300 enfants soldats en activité dans la région du Nord-Kivu, parmi lesquels certains avaient à peine 13 ans.

Ces enfants sont parfois pris de force, sans aucun consentement, les autres animées par des désirs de vengeances ou de richesses. Pour de diverses raisons ; économiques et politiques en perpétuant la violence.

Vingt-cinq années après, pouvons-nous affirmer avoir épargné nos enfants de ce même sort ? Ce sort congolais, pouvons-nous nous réjouir d’avoir réussi à supprimer ces atrocités de notre mémoire collective ou avoir nettoyé sur nos mains et celles de nos enfants les empreintes de la haine et de la violence ?

La réponse est alors négative, parce que la guerre a échoué, 1996, 1999, 2004, 2007, 2009, 2013, 2022-2023, chacune de ses dates narre des récits pleins de tristesses de la guerre et c’est toujours le même film qui passe en boucle au programme de notre vie et les plus vulnérables en souffrent, les enfants en particulier et jusqu’à aujourd’hui le phénomène s’accentuent, l’inégalité des droits des enfants se normalise.

Les récentes   attaques des rebelles du M23 au Nord-Kivu   ayant provoqué les déplacements massifs des populations de Masisi, Rutchuru et Nyiragongo   vers la ville de Goma et ses environs.

Selon le blog les volcans news, dans son article rubrique "sécurité" publié le 28 juin 2023 (NICKSONMANZEKELE, 2023) stipule que les jeunes sont regroupés en mouvement d’autodéfense Wazalendu qui littéralement signifie "les patriotes" en Kiswahili qui se réunissent désormais dans chaque localité du Nord-Kivu depuis la résurgence de la rébellion du M23 en janvier 2022 et qui ont secondé les FARDC dans les attaques contre ces mêmes rebelles en juin 2022.

Encore une fois l’histoire se répète, elle a peut-être changé cette fois d’approche, mais les dommages et conséquences risquent d’être similaires à celles des années précédentes, dans le territoire de masisi en général et en particulier la cité de sake et dans le territoire de Nyiragongo juste au nord de Goma, les enfants se font recruter et adhérent les mouvements d’autodéfense, vulnérabilité, inconscience et le désillusionnement face à la situation de conflit, le point de ressemblance entre les WAZALENDU et le phénomène des enfants soldats réside dans le fait qu’ils sont tous deux touches par les conflits armés.

Les raisons qui poussent ces enfants à rejoindre ces genres de mouvements sont multiples. Certains sont recrutés de force, menacés ou manipulés, tandis que d'autres rejoignent volontairement ces groupes en raison de la pauvreté, du manqué d'éducation et de perspectives dans une région dévastée par les affrontements. Les conditions de vie des enfants soldats sont inhumaines, avec des entraînements militaires brutaux, des privations, des violences physiques et sexuelles, ainsi que des traumatismes psychologiques profonds.

Les effets de cette réalité tragique sont dévastateurs, tant pour ces enfants que pour la société dans son ensemble. Les enfants soldats sont privés de leur enfance, étalés et vendus au marché de la cruauté, exposés à des violences extrêmes et utilisés comme des armes de guerre, des chairs à canons. Leur éducation est interrompue, leur développement psychologique est compromis et leur réintégration dans la société est souvent difficile. Ils peuvent également être utilisés pour commettre des atrocités, telles que des viols et des pillages, contribuant ainsi à l'instabilité et à la violence dans la région.

Face à cette réalité tragique, il est impératif de prendre des mesures immédiates pour protéger ces enfants et mettre fin à leur exploitation.   Il est essentiel que la communauté Internationale, les organisations humanitaires et les gouvernements locaux travaillent ensemble pour mettre en place des dispositifs de protection et de réhabilitation des enfants soldats.

Le phénomène des enfants soldats au Nord-Kivu est une réalité tragique qui nécessite une attention et une action urgente. Mettre fin à exploitation de ces enfants devrait être une priorité absolue, afin de leur offrir la chance d'un avenir sans violence coloré des mille couleurs d’espoir, permettre l’éclosion d’une nouvelle fleure d’espérance, de restaurer leur dignité et de reconstruire une société prospère sur des bonnes fondations de paix, justice et solidarité dans le respect des droits humains.

Un investissement total est nécessaire pour mettre fin à ce cycle de violence qui ravage la vie de nombreux enfants innocents.

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